Bertrand Delanoe, maire de Paris lui a dit :
"Chère Ségolène, avec ta personnalité, avec ta vérité, avec tes convictions, tu es aujourd'hui bien plus que la candidate de 60 % des socialistes. Tu es la candidate de l'énergie, de l'idéal et de la volonté de vaincre, de réussir, d'entreprendre de 100 % des socialistes.
Mais ce qui était un parcours devient un destin. Et ce qui est peut-être le plus important, c'est que, pour la première fois dans notre histoire, désignée par nous, les socialistes, la gauche, les militants de l'égalité entre les femmes et les hommes, pour la première fois, la première personne qui pourra, dans cette République, être premier citoyen, premier responsable, c'est une femme. Je pense que, sur le plan philosophique, sur le plan démocratique, sur le plan progressiste, que ce soit nous, que ce soit toi qui permettes que la première présidente de la République s'appelle Ségolène Royal et soit socialiste, c'est un événement historique."
Et son discours a été formidablement féministe:
"Chaque militant, chaque militante socialiste a commencé par dire non à quelque chose qui lui semblait insupportable avant d'embrasser l'idéal socialiste. Notre passion de l'égalité se nourrit de la flamme de ces refus et c'est avec cette flamme que je vous propose d'aller vers la victoire.
Pour moi qui suis venue au socialisme par le féminisme et par la révolte contre la place subalterne assignée aux femmes, comment ne pas voir en ce jour un symbole, au lendemain de la manifestation des femmes contre toutes les violences qui leur sont faites ? Oui, j'ai pris l'engagement de faire en sorte que la lutte contre les violences faites aux femmes - un viol commis en France toutes les deux heures, une femme qui meurt sous les coups de son conjoint tous les trois jours - devienne une affaire d'État. Ce sera le premier texte dont le nouveau Parlement sera saisi.
La lutte des femmes nous a donné des figures éclatantes. Il y a eu le panache d'Olympe de Gouges, qui eut le droit de monter à l'échafaud mais jamais celui de voter. Il y a eu Louise Michel, Rosa Luxembourg et Marie Curie. Il y a eu la bataille du droit de vote et celle de l'égalité civile, gagnée tardivement : ce n'est que depuis les années 60 que les femmes ont le droit de percevoir leur propre salaire.
Il y a eu la conquête par les femmes de la maîtrise de leur corps avec le « Manifeste des 343 Salopes » et avec l'action d'Yvette Roudy. Il y a aujourd'hui le combat de Ni Putes Ni Soumises. Il y a, dans tous ces pays où elles sont encore asservies, ces femmes qui guettent avec angoisse, à travers le grillage plus ou moins serré de leur burka, ce que nous faisons, nous, dans nos pays démocratiques, pour porter haut et fort le message universel de l'égalité de la femme et de l'homme. Ce combat résume tous les autres car il y a une corrélation très étroite entre le statut des femmes et l'état de justice ou d'injustice d'une société.
Ici, devant la presse internationale qui regarde aussi avec beaucoup d'attention ce qui se passe en France, je voudrais dire mon admiration pour toutes celles et tous ceux qui portent ces combats à travers le monde. Et pour vous, militants socialistes qui, en choisissant une femme pour mener le combat des idées et pour incarner l'espérance, avez aux yeux de tous les Français et aux yeux du reste du monde accompli, plus de deux siècles après Olympe de Gouges, un véritable geste révolutionnaire."
Et voilà ce qu'écrivait la Tribunne de Genève, ce week-end:
"Discours de Ségolène Royal lors de son investiture officielle comme candidate du PS pour 2007, le 26 novembre 2006 à Paris© AFP/Pool Eric Feferberg
Ségolène Royal a été officiellement investie dimanche candidate du Parti socialiste pour la présidentielle de 2007, promettant la "victoire" à la gauche, à cinq mois de l'élection présidentielle.
"Un nouvel espoir s'est levé à gauche, qui ne demande qu'à grandir, jusqu'à la victoire en 2007", a lancé Mme Royal, 53 ans, première femme ayant une chance sérieuse de devenir présidente de la République, une situation qu'elle a qualifié de "révolutionnaire".
"Ce que je veux déclencher dans cette campagne, c'est un sursaut collectif, un élan à la dimension de l'espoir qui se lève (...). Je veux incarner ce mouvement vers le haut qui nous conduira vers la victoire", a poursuivi la candidate, vêtue d'un tailleur blanc à fines rayures grises, régulièrement interrompue par des ovations et des "Ségolène présidente" scandés par quelque 1.300 congressistes réunis salle de la Mutualité, à Paris.
Mme Royal, qui avait obtenu 60,65% des voix dès le premier tour de la primaire socialiste du 16 novembre, devant Dominique Strauss-Kahn (20,69%) et Laurent Fabius (18,66%), a rendu hommage à ses concurrents malheureux.
Ségolène Royal salue les congressistes réunis salle de la Mutualité à Paris, le 26 novembre 2006© AFP/Pool Eric Feferberg
Elle a appelé à l'unité du parti, remerciant également son compagnon, et premier secrétaire du parti, François Hollande. "J'ai besoin de tout le monde, de tous les talents, de tous les socialistes", a-t-elle insisté.
Debout à un pupitre avec en arrière plan sur fond rose le slogan du projet du PS pour 2007, "Réussir le changement", elle a lancé "un appel à tous les Français, hommes et femmes de notre pays" : "Rassemblons-nous, mobilisons-nous, aidons-nous les uns les autres à servir la France".
"Nous gravirons la montagne jusqu'à la victoire", a-t-elle affirmé, appelant à "écouter les Français", dans un discours reprenant ses thématiques préférées et de nombreuses expressions utilisées depuis sa victoire à la primaire.
Intervenant en dernier, François Hollande, dans un discours combatif, a accusé la droite d'avoir "affaibli la France" alors qu'elle dispose depuis 2002 de "tous les pouvoirs".
Il a promis que le PS "fera tout ce qu'il est possible d'engager pour la victoire de Ségolène Royal", tout en avertissant que "rien (n'était) joué".
Le congrès s'est achevé vers 13H30 au son de la chanson révolutionnaire italienne "Bella Ciao". Ségolène Royal est alors montée seule sur scène sous les vivats, faisant face au public pendant de longues minutes, un large sourire aux lèvres."
BELLA CIAO
1942
Una mattina mi son svegliata
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
Una mattina mi son svegliata
Eo ho trovato l'invasor
O partigiano porta mi via
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
O partigiano porta mi via
Che mi sento di morir
E se io muoio da partigiano
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
E se io muoio da partigiano
Tu mi devi seppellir
Mi seppellirai lassu in montagna
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
Mi seppellirai lassu in montagna
Sotto l'ombra di un bel fior
Cosi le genti che passeranno
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
Cosi le genti che passeranno
Mi diranno che bel fior
E questo é il fiore del partigiano
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
E questo é il fiore del partigiano
Morto per la libertà.