Et encore une autre

"Six pieds sous terre...jojo"
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# Posté le vendredi 24 novembre 2006 06:19

Ségolène et le féminisme.Un article du Monde.

Ségolène et le féminisme.Un article du Monde.
Ségolène Royal assure que sa première loi serait consacrée aux violences faites aux femmes
LE MONDE | 25.11.06 | 14h36 • Mis à jour le 25.11.06 | 14h36

Le pavillon, dans une rue paisible de Bondy (Seine-Saint-Denis), abrite le centre SOS-Femmes 93, membre de la Fédération nationale solidarité femmes, et issu, comme le précise sa présidente, Jo Mercier, "du mouvement féministe des années 1970".

C'est là, vendredi 24 novembre, que Ségolène Royal a pris les devants. "Ma première loi, si je suis élue sera une loi contre les violences faites aux femmes", a annoncé la candidate socialiste à la veille de la journée internationale organisée sur ce thème par l'ONU et le Conseil de l'Europe.

"Je veux que la loi du silence soit levée et que l'Etat reconnaisse cette criminalité comme une criminalité à part entière", a souligné Mme Royal après avoir rappelé que tous les trois jours en France, une femme est tuée par son conjoint.

S'inspirant de l'exemple du gouvernement socialiste espagnol de José Luis Zapatero, Mme Royal a promis une loi-cadre, en reprenant à son compte l'une des revendications exprimées par les responsables présentes sur les "incohérences entre le droit civil et le droit pénal". Les violences faites aux femmes, a-t-elle dit, contiennent "les racines de la délinquance : lorsque la famille devient un champ de bataille, alors tout le reste devient déstructuré". "La société devrait être aussi mobilisée que pour les crimes racistes."

Isabelle Mandraud
Article paru dans l'édition du 26.11.06. Abonnez-vous au journal : 15¤/mois
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# Posté le samedi 25 novembre 2006 11:25

Ségolène et le féminisme. Suite...

Ségolène et le féminisme. Suite...
Chronique
OPA féministe sur le socialisme, par Patrick Jarreau
LE MONDE | 24.11.06 | 13h01 • Mis à jour le 24.11.06 | 13h01

Ce que je veux faire, maintenant, c'est méditer, vivre pleinement ce moment de bonheur" : cette phrase, prononcée par Ségolène Royal au soir du vote massif des adhérents socialistes, le 16 novembre, faisant d'elle la candidate de leur parti à l'élection présidentielle, n'aurait pas pu l'être par un homme. On n'imagine, en tout cas, aucun des hommes politiques actuellement en activité s'exprimer de cette façon.


Sa victoire acquise, et encore dans le feu d'une bataille formidablement gagnée, la première femme en situation d'être élue à la présidence de la République a employé un langage qui appartient clairement au registre féminin. Ou à ce qui a été installé au fil des années, par des livres, des films, des magazines, comme la sensibilité féminine, une façon féminine de concevoir et de ressentir les choses de la vie.

A la fin d'un premier débat télévisé très consensuel entre les trois candidats à la primaire socialiste, le 17 octobre, ils avaient été invités à dire ce qui les distinguait les uns des autres. Ségolène Royal avait commencé par remarquer qu'il y avait, entre elle-même et Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, une différence "visible", sur laquelle, ajoutait-elle, "je n'insisterai pas". Elle a resservi, face à d'autres intervieweurs, cette boutade qui n'en est pas une ou qui est plus que cela.

Il ne fait pas de doute qu'à ses yeux, comme à ceux des militants qui ont voté pour elle et des Français qui se prononcent en sa faveur dans les sondages, Ségolène Royal n'est pas simplement une femme qui fait de la politique. Elle incarne ce qui manque à la politique, en France, aujourd'hui. Ce qui l'a qualifiée pour la candidature, elle que tout le monde connaît, qui n'a cessé de faire parler d'elle depuis 1988, qui a enlevé sa région à un premier ministre en fonctions aux élections de 2004, mais qui n'a pourtant jamais détenu de ministère de premier plan dans les gouvernements auxquels elle a participé, ni exercé de fonction de direction au PS, ni figuré parmi les dirigeants des courants de ce parti, c'est précisément cela. La marginalité dans laquelle elle a été cantonnée par les hommes qui monopolisaient, ou presque, les fonctions de décision à gauche apparaît comme le gage de sa volonté de réformer le pouvoir lui-même ou la façon de l'exercer.

Le parcours de Ségolène Royal fait ainsi de sa candidature une sorte d'OPA féministe sur le socialisme français ou une "fusion-acquisition" du PS par la cause des femmes. Ecartelé entre le social-libéralisme et l'antilibéralisme, entre les partisans et les adversaires de l'Europe réelle, entre une génération qui rechignait à se retirer et une autre qui n'avait pas su empêcher le désastre du 29 mai 2005, le PS était déboussolé. Elle a su s'emparer de ce porte-avions à la dérive pour en faire le vecteur de quelque chose de neuf : la première entreprise de conquête du pouvoir par une femme, hors quotas, hors parité, sans négociation ni répartition des rôles.

Le féminisme de Ségolène Royal n'est pas celui des théoriciennes ou des mouvements spécifiquement constitués sur ce thème. Il se vit quotidiennement dans la société, au travail, dans le couple ou l'absence de couple, dans la famille. Il n'en est pas moins cohérent et intransigeant. Elle-même place clairement sa démarche dans la double filiation de la gauche socialiste et de la lutte contre le sort fait aux femmes au cours de l'histoire et, aujourd'hui, sur de vastes portions de la planète.

Sa différence "visible" a été un facteur important du succès de la députée des Deux-Sèvres auprès des adhérents du PS, avides de changement et culturellement acquis au féminisme. Mais cela ne préjuge pas du poids de cet avantage dans la bataille que Ségolène Royal va livrer maintenant, pour la fonction elle-même et non plus pour le droit à y prétendre.

# Posté le samedi 25 novembre 2006 11:37

Modifié le mardi 29 mai 2007 07:55

Un peu provoquant cet article...

Un peu provoquant cet article...
..Mais pas tout faux. Accrochez-vous! Et lisez...

Du blasphème comme nécessité, par Patrick Declerck
LE MONDE | 24.11.06 | 13h08

A propos de l'affaire Robert Redeker, professeur de philosophie menacé de mort après avoir osé critiquer l'islam dans une tribune parue dans Le Figaro, Renaud Donnedieu de Vabres, successeur d'André Malraux au ministère de la culture s'est, le 20 novembre, cru obligé de rappeler "le devoir de responsabilité aux élites". "La science, précisait le ministre, peut aussi être mise au service de l'intelligence, pas de la caricature." Et tout en trouvant évidemment "honteux" que M. Redeker ait été menacé de mort, il a reproché à la tribune signée par ce dernier de ne pas être "sophistiquée"...


Je ne sais trop ce que le ministre de la culture entend par les "élites". Je sais encore moins, au vu de ses propos chattemites, ce qu'il veut dire au juste par "devoir de responsabilité". Ce que je sais, en revanche, c'est qu'après Nietzsche et Freud il est difficile à. un lettré de considérer autrement le fait religieux que comme une béquille métaphysique à l'usage des esprits épuisés que l'inéluctabilité de la mort et l'horreur de la corruption des corps effraient au-delà de ce que leur faiblesse peut supporter.

Cette terreur les conduit alors à se bricoler pauvrement des arrière-mondes consolateurs des misères d'ici-bas, un ici-bas dévalué au profit de promesses eschatologiques de rédemption post-mortem. Monnaie de singe avec laquelle les prêtres et la divinité récompensent les comportements dits "moraux", dont la toxicité et la folie se déclinent du simple jeûne à l'auto-immolation, en passant par les mutilations sexuelles. Les religions, toutes les religions, sont ainsi des délires de l'humanité et, comme le démontrent ad nauseam l'histoire et l'actualité, des délires dangereux.

Non seulement on ne voit pas en quoi il serait "responsable" de taire une telle position critique, mais il apparaît au contraire que le devoir le plus élémentaire est de lutter contre ces entreprises d'essence mortifère que sont les religions. Non seulement il ne leur est dû aucun respect intellectuel et éthique au-delà du cadre légal de l'exercice de la liberté de culte, mais encore convient-il de les combattre philosophiquement en en dénonçant, chaque fois que faire se peut, l'imbécillité, la fausseté, la dangerosité, l'escroquerie, et le grotesque profond. Ridiculiser la religion est une vertu. Le blasphème, à propos duquel il faut d'ailleurs rappeler la notion logique et théologique élémentaire qu'il ne concerne stricto sensu que le croyant lui-même, le blasphème est, plus que jamais, non seulement excusable, mais nécessaire. Il doit être clairement et hautement revendiqué en tant que droit.

Par ailleurs, si le fait religieux peut en toute légitimité être objet d'anthropologie, de sociologie ou d'histoire, "la science" - même dans la version précautionneusement désincarnée et châtrée à laquelle semble rêvasser le ministre de la culture -, confrontée à la réalité objective des contenus de croyances telles, par exemple, la résurrection d'un crucifié, l'exigence de l'ablation du prépuce comme signe de reconnaissance divine ou l'efficacité de la lapidation de Satan à La Mecque, "la science" n'a pas fini de rigoler...




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Patrick Declerck est membre de la Société psychanalytique de Paris et écrivain.
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# Posté le samedi 25 novembre 2006 12:05

Modifié le samedi 25 novembre 2006 12:20

Elle a été investie...

Bertrand Delanoe, maire de Paris lui a dit :

"Chère Ségolène, avec ta personnalité, avec ta vérité, avec tes convictions, tu es aujourd'hui bien plus que la candidate de 60 % des socialistes. Tu es la candidate de l'énergie, de l'idéal et de la volonté de vaincre, de réussir, d'entreprendre de 100 % des socialistes.

Mais ce qui était un parcours devient un destin. Et ce qui est peut-être le plus important, c'est que, pour la première fois dans notre histoire, désignée par nous, les socialistes, la gauche, les militants de l'égalité entre les femmes et les hommes, pour la première fois, la première personne qui pourra, dans cette République, être premier citoyen, premier responsable, c'est une femme. Je pense que, sur le plan philosophique, sur le plan démocratique, sur le plan progressiste, que ce soit nous, que ce soit toi qui permettes que la première présidente de la République s'appelle Ségolène Royal et soit socialiste, c'est un événement historique."


Et son discours a été formidablement féministe:

"Chaque militant, chaque militante socialiste a commencé par dire non à quelque chose qui lui semblait insupportable avant d'embrasser l'idéal socialiste. Notre passion de l'égalité se nourrit de la flamme de ces refus et c'est avec cette flamme que je vous propose d'aller vers la victoire.

Pour moi qui suis venue au socialisme par le féminisme et par la révolte contre la place subalterne assignée aux femmes, comment ne pas voir en ce jour un symbole, au lendemain de la manifestation des femmes contre toutes les violences qui leur sont faites ? Oui, j'ai pris l'engagement de faire en sorte que la lutte contre les violences faites aux femmes - un viol commis en France toutes les deux heures, une femme qui meurt sous les coups de son conjoint tous les trois jours - devienne une affaire d'État. Ce sera le premier texte dont le nouveau Parlement sera saisi.

La lutte des femmes nous a donné des figures éclatantes. Il y a eu le panache d'Olympe de Gouges, qui eut le droit de monter à l'échafaud mais jamais celui de voter. Il y a eu Louise Michel, Rosa Luxembourg et Marie Curie. Il y a eu la bataille du droit de vote et celle de l'égalité civile, gagnée tardivement : ce n'est que depuis les années 60 que les femmes ont le droit de percevoir leur propre salaire.

Il y a eu la conquête par les femmes de la maîtrise de leur corps avec le « Manifeste des 343 Salopes » et avec l'action d'Yvette Roudy. Il y a aujourd'hui le combat de Ni Putes Ni Soumises. Il y a, dans tous ces pays où elles sont encore asservies, ces femmes qui guettent avec angoisse, à travers le grillage plus ou moins serré de leur burka, ce que nous faisons, nous, dans nos pays démocratiques, pour porter haut et fort le message universel de l'égalité de la femme et de l'homme. Ce combat résume tous les autres car il y a une corrélation très étroite entre le statut des femmes et l'état de justice ou d'injustice d'une société.

Ici, devant la presse internationale qui regarde aussi avec beaucoup d'attention ce qui se passe en France, je voudrais dire mon admiration pour toutes celles et tous ceux qui portent ces combats à travers le monde. Et pour vous, militants socialistes qui, en choisissant une femme pour mener le combat des idées et pour incarner l'espérance, avez aux yeux de tous les Français et aux yeux du reste du monde accompli, plus de deux siècles après Olympe de Gouges, un véritable geste révolutionnaire."

Et voilà ce qu'écrivait la Tribunne de Genève, ce week-end:

"Discours de Ségolène Royal lors de son investiture officielle comme candidate du PS pour 2007, le 26 novembre 2006 à Paris© AFP/Pool Eric Feferberg

Ségolène Royal a été officiellement investie dimanche candidate du Parti socialiste pour la présidentielle de 2007, promettant la "victoire" à la gauche, à cinq mois de l'élection présidentielle.

"Un nouvel espoir s'est levé à gauche, qui ne demande qu'à grandir, jusqu'à la victoire en 2007", a lancé Mme Royal, 53 ans, première femme ayant une chance sérieuse de devenir présidente de la République, une situation qu'elle a qualifié de "révolutionnaire".

"Ce que je veux déclencher dans cette campagne, c'est un sursaut collectif, un élan à la dimension de l'espoir qui se lève (...). Je veux incarner ce mouvement vers le haut qui nous conduira vers la victoire", a poursuivi la candidate, vêtue d'un tailleur blanc à fines rayures grises, régulièrement interrompue par des ovations et des "Ségolène présidente" scandés par quelque 1.300 congressistes réunis salle de la Mutualité, à Paris.

Mme Royal, qui avait obtenu 60,65% des voix dès le premier tour de la primaire socialiste du 16 novembre, devant Dominique Strauss-Kahn (20,69%) et Laurent Fabius (18,66%), a rendu hommage à ses concurrents malheureux.
Ségolène Royal salue les congressistes réunis salle de la Mutualité à Paris, le 26 novembre 2006© AFP/Pool Eric Feferberg

Elle a appelé à l'unité du parti, remerciant également son compagnon, et premier secrétaire du parti, François Hollande. "J'ai besoin de tout le monde, de tous les talents, de tous les socialistes", a-t-elle insisté.
Debout à un pupitre avec en arrière plan sur fond rose le slogan du projet du PS pour 2007, "Réussir le changement", elle a lancé "un appel à tous les Français, hommes et femmes de notre pays" : "Rassemblons-nous, mobilisons-nous, aidons-nous les uns les autres à servir la France".
"Nous gravirons la montagne jusqu'à la victoire", a-t-elle affirmé, appelant à "écouter les Français", dans un discours reprenant ses thématiques préférées et de nombreuses expressions utilisées depuis sa victoire à la primaire.
Intervenant en dernier, François Hollande, dans un discours combatif, a accusé la droite d'avoir "affaibli la France" alors qu'elle dispose depuis 2002 de "tous les pouvoirs".
Il a promis que le PS "fera tout ce qu'il est possible d'engager pour la victoire de Ségolène Royal", tout en avertissant que "rien (n'était) joué".
Le congrès s'est achevé vers 13H30 au son de la chanson révolutionnaire italienne "Bella Ciao". Ségolène Royal est alors montée seule sur scène sous les vivats, faisant face au public pendant de longues minutes, un large sourire aux lèvres."

BELLA CIAO
1942

Una mattina mi son svegliata
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
Una mattina mi son svegliata
Eo ho trovato l'invasor
O partigiano porta mi via
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
O partigiano porta mi via
Che mi sento di morir
E se io muoio da partigiano
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
E se io muoio da partigiano
Tu mi devi seppellir
Mi seppellirai lassu in montagna
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
Mi seppellirai lassu in montagna
Sotto l'ombra di un bel fior
Cosi le genti che passeranno
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
Cosi le genti che passeranno
Mi diranno che bel fior
E questo é il fiore del partigiano
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
E questo é il fiore del partigiano
Morto per la libertà.
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# Posté le mardi 28 novembre 2006 11:02

Modifié le mardi 28 novembre 2006 11:42