DIMANCHE DERNIER, JE SUIS ALLEE A VELO JISQU'A LA FONDATION BODMER A COLOGNY SUR LA COLLINE DE GENEVE DE L'AUTRE COTE DU LAC.
J'AI VU UN FILM SIR LA MANIERE DONT SONT RESTAURES LES MANUSCRITS TRES DETERIORES COMME CELUIDE L'EVANGILE DE JUDAS, DONT LA PHOTOGTAPHIE EST CI-JOINTE.
CI-DESSOUS QUELQUES EXPLICATIONS SUR LA FONDATION BODMER,ECRITES PAR L'ARCHITECTE DU LIEU, MARIO BOTTA:
« I valori che l'uomo porta in sé sono anche i valori essenziali che l'architettura deve testimoniare » (Mario Botta, Quasi un diario, 2003, p. 264)
« La collection de documents écrits conservés à la Fondation Martin Bodmer, dont certains sont uniques au monde, constitue un extraordinaire patrimoine culturel par sa qualité et par sa rareté.
Située à Cologny, près de Genève, sur un terrain de la vaste propriété acquise par son Fondateur, la Bibliothèque occupe deux villas d'allure classique, plutôt composites. Le projet d'agrandissement des locaux a consisté dans la création d'un espace neuf d'exposition, avec ses services, afin d'exposer les précieux documents aux yeux d'un public encore plus large.
Il s'agit d'une construction hypogée à deux étages, située entre les deux villas existantes et reliée à elles par les sous-sols. L'entrée dans ce nouvel espace se fait depuis le jardin en traversant une cour surbaissée côté lac et contiguë au mur qui sépare de la route d'accès au village.
Le caractère exceptionnel des documents conservés a suggéré l'idée de concevoir cet espace d'exposition comme un écrin enfoui, sans que rien émerge depuis le sol, à l'exception de cinq volumes parallélépipédiques en verre, à base carrée, d'une hauteur d'environ 3 mètres cinquante, alignés sur l'axe de l'entrée tels un ensemble d'écrans perspectifs qui dirigent l'attention du visiteur vers le lac.
Ces volumes vitrés qui émergent du sol, utilisés comme des lanterneaux pour faire pénétrer la lumière naturelle à l'intérieur des espaces d'exposition souterrains, ont pour effet, grâce à leur transparence combinée avec leur forte configuration géométrique, de modifier la perception de l'espace externe à l'entrée, créant ainsi de façon inattendue des conditions ambiantes qui invitent à lire autrement le paysage, tout en signalant discrètement la présence souterraine des espaces d'exposition.
Les documents exposés ont, en raison même de leur caractère précieux, exigé une attention toute particulière ; les vitrines sont en fer brut avec des vitrages blindés. Il en résulte une apparence à la fois forte et simple, à l'image d'un écrin. Le métal brut des compartiments et des supports articulés entre en contraste avec la nature fine et légère du papier des livres exposés, contenant et contenu se valorisant ainsi dans un enrichissement réciproque. »
Mario Botta, Lugano, octobre 2003 (traduction par Charles Méla)
LES CHEFS D'OEUVRES DE LA FONDATION:
Le noyau est constitué d'à peu près 200 manuscrits occidentaux et d'une centaine de manuscrits orientaux, d'environ 2000 autographes et 270 incunables (dont un dixième sont des Rara et des Unica). Pour apprécier la richesse de la Bodmeriana on peut, selon Hans E. Braun, considérer :
-les correspondances qu'entretiennent les grandes ½uvres avec leur contexte. Exemples : les Livres des Morts égyptiens (1000 à 500 av. J.-C.) et le culte funéraire égyptien (inscriptions sur pierre de mastâbas, statues de dieux, canopes, et même des portraits funéraires du Fayoum) ; les thèmes homériques présents sur des vases du VIe siècle (amazonomachie ; l'enlèvement d'Hélène par Ménélas) ou des reliefs en terre cuite du Ier siècle av. J.-C. (douleur de Pénélope, retour d'Ulysse) ; le « corpus dantesque », avec trois manuscrits du XIVe siècle de la Commedia, une série remarquable d'incunables (l'editio princeps de 1472, Johann Numeister, Foligno ; la grande édition illustrée de 1481), puis les impressions du XVIe siècle (l'Aldine in-octavo de 1502), et les éditions folios des XVIIIe et XIXe siècles, puis les traductions témoignant de l'influence littéraire, les sources qui complètent l'ensemble (Tesauro de Brunet Latin, manuscrits de Virgile, Thomas d'Aquin, Bernard de Clairvaux), enfin les poésies de Guinizelli, Cavalcanti... ; le thème de Faust, avec au centre le Faust II de Goethe (400 vers autographes), puis toutes les premières éditions légales et pirates et les traductions (en tout plus de mille éditions), enfin des écrits sur le même motif (Marlowe), des dessins (Füssli), des esquisses (Delacroix), des lithos modernes, un autographe de Liszt ;
-des séries cohérentes d'½uvres : le corpus des Papyrus Bodmer (environ 1800 pages coptes, grecques, chrétiennes ou païennes), dont l'importance historique, scientifique et religieuse est comparable aux deux autres découvertes, au XXe siècle, des manuscrits de la Mer Morte (Qoumrân) et des manuscrits gnostiques coptes de Nag Hammâdi ; Lope de Vega (autographes, editiones principes, 44 volumes de premières réimpressions des comédies) ; Shakespeare (l'ensemble des premières éditions : les 4 « first folios », 60 éditions in-quarto, les Sonnets de 1609, des apocryphes, des sources utilisées par l'auteur) ; Molière (à peu près toutes les premières éditions des comédies, le premier tirage de l'édition de 1734 et une sanguine de Boucher pour Tartuffe) ; Grimmelshausen (les premières éditions) ;
-les plus beaux documents individuels, parmi les manuscrits (Flavius Josèphe, Roman de la Rose, Codex de Kalocsa, Gulistan de Saadi), ou les premières éditions (Bible de Gutenberg ; Celestina de 1500 ; Luther, Thèses ; Newton, Principia mathematica, avec notes de Leibniz), ou les autographes complets (en littérature allemande : Novalis, Hymnen an die Nacht ; Hölderlin, Friedensfeier ; Stifter, Witiko ; Thomas Mann Lotte in Weimar).